Il n’aura fallu que quelques jours pour bouleverser un dossier que beaucoup pensaient définitivement enterré. Après avoir refusé, en mars dernier, de soutenir la candidature de son ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, le Sénégal opère un spectaculaire changement de cap. Lundi, Dakar a officiellement annoncé qu’il porterait désormais cette candidature, transformant un candidat africain soutenu jusqu’ici par le Burundi en candidat officiel du Sénégal.

Ce revirement intervient à peine trois jours après le retour de Macky Sall à Dakar, où il a été reçu par son successeur, Bassirou Diomaye Faye, lors d’une rencontre aussi brève que riche en spéculations. Officiellement, aucun détail n’a filtré sur le contenu des échanges. Mais leur issue est désormais connue.

Dans un communiqué, le ministère sénégalais des Affaires étrangères indique que le président Faye a décidé d’apporter le « plein soutien » de l’État à la candidature de son prédécesseur, tout en donnant instruction au gouvernement et à l’ensemble du réseau diplomatique sénégalais de se mobiliser pour défendre ce dossier auprès des États membres des Nations unies. Le texte va plus loin en affirmant que cette candidature est désormais « celle du Sénégal au service de l’Afrique et d’un multilatéralisme plus performant ».

Le contraste est saisissant. Fin mars, le Sénégal figurait pourtant parmi la vingtaine de pays africains ayant refusé d’endosser cette candidature au sein de l’Union africaine. À défaut d’un soutien de son propre pays, Macky Sall avait alors été présenté par le Burundi, actuel président en exercice de l’organisation continentale.

Ce changement de position intervient alors que les relations entre le nouveau pouvoir et l’ancien chef de l’État demeurent particulièrement sensibles. Au-delà du geste diplomatique, ce revirement traduit une volonté de Dakar de parler d’une seule voix sur la scène internationale. Reste à savoir si cette réconciliation de circonstance suffira à renforcer les chances de Macky Sall dans une course qui ne fait que commencer, mais où les équilibres politiques africains pèseront lourd.