
Les droites extrêmes, les suprémacistes blancs et les « croisés anti-grand remplacement » brandissent tous l’étendard d’un racisme décomplexé, agressif et plus irrationnel que jamais. Partout dans les États occidentaux, en Europe, aux Amériques (Nord et Sud) et en Asie, notamment au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
C’est comme si les fascismes des années 1930, en Europe, renaissaient, notamment dans le « Vieux Continent », où la menace économique des BRICS et le déclassement industriel sèment une panique généralisée parmi des populations vieillies, hébétées par la dénatalité et l’arrivée subséquente d’immigrés en vagues successives.
Un certain nombre en tant que persécutés politiques, d’autres comme des naufragés économiques, fuyant la misère, et un plus grand nombre à qui on déroule le tapis rouge.
Comme en 2015, quand la chancelière Angela Merkel a « intégré » un million d’immigrés syriens et irakiens.
L’économie allemande en avait grand besoin et leur intégration s’est passée sans aucun problème.
Même si certaines populations ont exprimé leur désapprobation et que ce coup d’audace, frappé du coin du bon sens, a donné du grain à moudre à l’AfD (parti de droite extrême et raciste), qui ne cesse de grignoter des conquêtes électorales.
Ce qui explique que plus aucun politicien allemand, des deux grands partis CDU et SPD, n’a osé renouveler le choix, pourtant lucide, de Merkel.
Parce qu’il est politiquement « suicidaire » dans des États européens où les extrêmes droites ont réussi à imposer, assez largement, leurs idées racistes, sous couvert de « lutte contre l’immigration irrégulière ».
Au point où, en France, les candidats en vue pour la présidentielle en 2027 rivalisent dans des surenchères anti-immigrés qui frisent le ridicule, si elles n’étaient pas des diatribes racistes.
Celles-ci sont banalisées comme les « cris de singe » dans les stades de football, qui ont bien besoin de « joueurs de couleur expatriés », sans lesquels l’industrie du football ferait faillite.
Et l’équipe de France n’aurait pas gagné deux Coupes du monde (1998 et 2018).
Mais si le racisme est irrationnel, il est aussi une idéologie politique élaborée depuis des siècles pour justifier l’esclavage et le colonialisme.
Aujourd’hui, il enfile les habits anti-immigrationnistes de circonstance pour continuer le combat des nazis, des membres du Ku Klux Klan, des conquistadors, des franquistes, des tenants de l’apartheid, tous ces fantômes de naguère et revenants d’aujourd’hui.
L’équation pour l’Occident est que son salut économique passe par le recrutement massif de travailleurs immigrés de toutes les couleurs pour pallier une dénatalité devenue une menace existentielle pour les pays européens, le Japon et la Corée du Sud, pour ne citer que ces pays qui sont dans le rouge absolu sur le plan démographique.
Le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sánchez, a pris le taureau par les cornes et décidé de régulariser un demi-million d’immigrés.
Le curieux est que cela ne soulève aucun problème en Espagne, où l’économie se porte mieux que dans beaucoup d’autres États européens, grâce au travail des immigrés, entre autres.
Ce choix téméraire est lucide et il faut préciser que l’Italie, de la présidente du Conseil Giorgia Meloni, met en œuvre une politique de régularisation importante, tout en affichant des convictions de droite extrême.
Nécessité fait loi et l’économie libérale est amorale.
L’industrie italienne, l’agriculture espagnole, pour ne citer que ces secteurs, ont besoin de bras vigoureux.
Une population vieillissante, comme celle de ces deux pays, ne peut pas les fournir.
Située, pour ainsi dire, entre ces deux voisins latins, la France patauge dans ses contradictions.
Elle a découvert, cette année, que le « nombre de morts est supérieur au nombre de naissances, pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale ».
C’est dans ce contexte que le ministre de la Justice français, Gérald Darmanin, propose un gel de « l’immigration légale pendant trois ans ».
Vous avez bien lu !
Quid de la mobilisation pour booster la natalité ? En ouvrant des crèches, en accordant d’autres facilités aux jeunes parents, etc. !
Non, on se creuse les méninges pour trouver de quoi faire le buzz et lancer une campagne présidentielle, en se payant de mots et en allant braconner sur les terres du Rassemblement national, qui se frotte les mains et caracole en tête des sondages avec ses deux candidats potentiels : Marine Le Pen, l’héritière, et Jordan Bardella, le second aux dents longues.
Où va la France dans ce contexte politique où la division extrême des forces politiques dites « républicaines » esquisse un horizon incertain en 2027, l’année prochaine, avec une élection présidentielle de tous les dangers, le Rassemblement national étant en position de force, ne pouvant être bloqué que par le « barrage républicain » qui avait fonctionné contre Jean-Marie Le Pen, lorsqu’il s’était qualifié au second tour face à Jacques Chirac, en 2002, et avait été battu à plate couture : 82 % des voix pour le candidat Chirac, qui a bénéficié d’un vote massif de « barrage républicain » contre le racisme.
Macron en a aussi bénéficié lors de ses deux face-à-face au second tour, en 2017 et 2022, contre Marine Le Pen.
Cette dernière, battue, pouvait se consoler d’avoir obtenu plus de 41 % des voix, alors qu’elle n’en avait que 33 % en 2017.
À l’évidence, elle a progressé de manière importante et sa formation politique a continué dans cette même dynamique, au point d’être aujourd’hui la première force politique à l’Assemblée nationale française, avec 122 députés.
L’ancrage national du RN est inquiétant pour la présidentielle de 2027, car le « barrage républicain » pourrait ne pas tenir, au vu de l’émiettement des forces politiques et, surtout, du fait que les idées du Rassemblement national, naguère rejetées de manière unanime, sont dorénavant partagées par de nombreux partis et revendiquées publiquement.
Il s’agit, en fait, d’un élan global dans un continent en perdition démographique, corseté dans des politiques qui ne favorisent pas la natalité, au contraire.
Avec un refus obsessionnel de l’immigration, qui est la seule bouée de sauvetage d’un continent qui vieillit à vitesse grand V.
L’Espagne et l’Italie ont montré la voie du salut, mais des pays comme la France s’enfoncent dans le déni de réalité de leurs leaders politiques
et semblent foncer vers un désastre dont il sera difficile de se remettre.
Un retour au fabuleux « Monologue de Don Diègue » de Corneille, dans sa pièce de théâtre Le Cid, pourrait secouer les consciences sur le « naufrage de la vieillesse ennemie ».
Crier de rage n’est pas une solution ; inciter les jeunes à faire des enfants et recourir aux immigrés en sont une.



















