
Le meeting de la coalition « Diomaye Président » organisé à Mbour le samedi 9 avril, en plus d’avoir été une démonstration de force mobilisatrice, a levé le voile sur la finalité de la démarche politique engagée : « faire élire Diomaye Faye pour un deuxième mandat consécutif ».
C’est le docteur Serigne Guèye Diop, ministre du Commerce et de l’Industrie, qui a assumé la responsabilité d’en informer les militants, qui ont répondu par un tonnerre d’applaudissements. Les militants nombreux qui avaient envahi le stade Caroline Faye savent désormais à quoi s’en tenir sur l’agenda politique de la « coalition Diomaye Président ». Et, avec eux, le reste des Sénégalais ! Il s’agit donc d’une clarification qui devrait rebattre les cartes dans les différentes approches des états-majors politiques de toutes les formations et/ou coalitions. Certes, les spéculations vont bon train et l’intervention par vidéo du Président Diomaye Faye, alors en partance pour le sommet « Africa Forward » au Kenya, n’épuise guère l’imagination fertile des commentateurs. Évidemment, tout le monde attend une confirmation de Diomaye, tout en sachant parfaitement qu’un président en exercice ne se déclare pas des années auparavant pour officialiser sa candidature. Les médias sénégalais, qui sont très friands des débats politiciens, ont du grain à moudre pour les semaines à venir, en scrutant les postures diverses et variées qui seront celles du chef de l’Etat sénégalais dans l’exercice de ses fonctions. Une question légitime est de savoir si les attaques au vitriol des pastéfiens die-hard vont s’intensifier ou pas ? Si Sonko va réagir, et de quelle manière ? Si une occasion serait donnée à Diomaye de mettre à exécution sa menace de « faire remplacer le premier ministre si jamais il ne s’entendait plus avec lui ». Comme il l’a dit, publiquement, lors de sa conférence de presse du 2 mai. La conférence de presse et le meeting de Mbour s’inscrivent dans une dynamique séquentielle qui interroge sur l’état des relations entre le président Diomaye et son premier ministre Sonko. Ce dernier a engagé le parlement dans une démarche législative pour changer des articles du code électoral qui empêcheraient sa candidature à la présidentielle de 2029. Le Président Diomaye s’est étonné de cette démarche, en faisant remarquer que Sonko avait déjà participé aux dernières élections législatives et avait été élu. Le premier ministre semble obnubilé par son avenir électoral et a aussi mis en branle une action judiciaire pour que le procès contre l’ancien ministre de Macky Sall, Mame Mbaye Niang, soit révisé. C’est sa condamnation, lors de ce procès, qui l’a rendu inéligible lors de la dernière présidentielle. Le contexte politique sénégalais est donc loin d’être facile à déchiffrer. Le certain est que la bataille pour 2029 est lancée et risque d’empoisonner l’arène politique nationale. La coalition Diomaye Président tente-t-elle une échappée solitaire ? En tout cas, elle vient de poser un jalon qui a le mérite de la clarté. Pour le reste, la fortuna, comme dit Machiavel, à savoir l’évolution souvent imprévisible des évènements sociaux, politiques, économiques et autres, peut impacter, de manière décisive, le destin des uns et des autres. L’homme d’Etat perspicace et souvent victorieux sera celui qui saura agir avec efficacité dans un tel contexte. Au Sénégal, les dés sont jetés.














