
La junte malienne putschiste et illégitime a subi un sérieux revers avec ses mercenaires russes de l’Africacorps, qui ont été battus et escortés hors de la ville de Kidal.
Ainsi, la victoire de cette même junte soutenue par les Russes de Wagner en 2023 est effacée par les rebelles du JNIM et ceux de l’Azawad, qui s’installent à nouveau dans cette zone stratégique.
La débandade de la junte démontre son incurie et son incapacité à protéger la totalité du territoire malien.
Encore une fois, le choix de sous-traiter la défense nationale du Mali, leur patrie, à des mercenaires russes – qui ne sont intéressés que par l’appât du gain – est la preuve d’un manque de patriotisme de la part de militaires dont la raison d’être est de défendre leur patrie jusqu’à la dernière goutte de sang.
Le ministre de la Défense, Sadio Camara, lui, a payé le prix ultime pendant l’attaque des rebelles qui ont ciblé plusieurs localités à la fois et porté des coups rudes aux « FAMA ».
Le chef de l’État, Assimi Goita, chef suprême des armées, a été exfiltré et n’a pas été vu tout le week-end, où la critique des armes s’est imposée.
Kati, le lieu de résidence de la hiérarchie militaire, a été attaqué, tout comme la capitale Bamako.
Un bilan global n’est pas encore communiqué, même si de nombreuses victimes civiles et militaires sont d’ores et déjà dénombrées.
Les pertes touchent les rebelles et les membres de la junte, ainsi que les civils.
Ce que l’on peut retenir, c’est que les militaires maliens ont fait fausse route et se sont enlisés dans un populisme qui rime avec dictature, verbiage et échec politique, dans la gestion du pays ;
Ils n’ont aucune solution, comme leurs devanciers putschistes (Moussa Traoré, ATT, Sanogo), qui ont tous pris le pouvoir et ont été chassés par le même moyen brutal.
Les décennies se sont succédé, et à part la présidence Konaré (1992/2002), qui s’est terminée paisiblement et démocratiquement, le Mali a connu des alternances putschistes.
Konaré a fini ses deux mandats et transféré le pouvoir à ATT, qui a été élu.
Mais ce dernier, après un premier mandat et une réélection pour un deuxième mandat, sera évincé par Amadou Sanogo.
Ce dernier sera à son tour écarté, et finalement IBK sera élu démocratiquement.
Un putsch s’ensuivra, et les vieux démons putschistes vont reprendre les rênes du pouvoir, avec ceux qui dirigent encore le pays.
En 2020, Goita et ses compagnons feront deux coups d’État successifs pour confisquer les manettes et instaurer un pouvoir dictatorial qui a fini par imposer un régime sans parti politique.
Ces nouveaux militaires bornés et sanguinaires ont éliminé et/ou emprisonné de nombreux opposants et poussé d’autres à fuir le pays.
C’est le cas de l’imam Dicko, qui avait flirté avec eux avant de prendre ses distances.
Il est aujourd’hui réfugié en Algérie.
La junte, elle, associée avec celles du Burkina et du Niger, poursuit sa marche autoritaire, en réprimant les populations, sans pouvoir lutter efficacement contre les rebelles et les jihadistes.
Et ce qui vient de se produire pourrait donner du grain à moudre aux opposants et revigorer la population civile, qui subit privations et marasme économique.
Les voies d’approvisionnement par le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont parfois bloquées par les rebelles, plongeant Bamako dans des pénuries qui en disent long sur les limites d’un pouvoir qui parle beaucoup et fait peu de réalisations.
À l’instar de ses « jumeaux » du Burkina et du Niger, la junte malienne est d’une incompétence notoire, comme tous les militaires qui l’ont précédée.
Parce que ces hommes en kaki n’ont pas été formés pour gérer un État, encore moins pour brider la volonté populaire.
La reprise de Kidal, l’assassinat de Sadio Camara, entre autres tueries, devraient pousser à un dialogue national pour restaurer la démocratie et trouver une voie de sortie honorable pour les militaires.
Quand on est incapable, on laisse la place.
Vont-ils choisir cette voie de la sagesse ? Rien n’est moins sûr.















