
La révolte contre la vie chère et/ou l’inflation, qui a commencé avec le bazar de Téhéran, est-elle en train de se transformer en révolution ?
Les déferlements populaires dans les rues, qui semblent gagner tout le pays et qui sont réprimés de manière sanglante par le régime des mollahs, le font penser.
Même si, depuis son avènement en 1979, la République islamique a réussi à mater nombre de soulèvements populaires, avec une main de fer qui n’avait jamais tremblé.
Cette fois-ci, le contexte a changé, car le régime a été affaibli par les attaques meurtrières d’Israël, qui ont éliminé plusieurs dignitaires du régime et d’autres alliés, notamment en Syrie, au Liban et en Palestine.
Israël a frappé jusqu’à l’intérieur de la capitale iranienne, et à plusieurs reprises.
Il a aussi réussi à convaincre Trump de bombarder des installations du programme nucléaire iranien qui paraissaient intouchables.
Des dégâts importants ont été causés par les méga-bombes américaines, sans que l’on sache vraiment quelle est l’ampleur des destructions.
Israël est dubitatif et Trump jubilatoire.
L’évidence est que le régime iranien est affaibli et craint une nouvelle attaque américaine appuyée par Israël.
Il aurait proposé de discuter avec Trump ? De quoi ?
Démocratiser le régime théocratique, est-ce possible ?
Les mollahs survivraient-ils à une telle capitulation ?
Le peuple iranien, qui aurait alors le vent en poupe, n’en profiterait-il pas pour achever le régime moribond ?
La suite des événements devrait apporter la réponse car, pour l’heure, l’ayatollah Khamenei privilégie la manière forte : répression sanglante avec des centaines de morts et une petite carotte de quelques euros à distribuer aux citoyens pour faire face à l’inflation, ce qui est ridicule.
Il est vrai que c’est l’insoutenable situation économique, avec une inflation endémique que le régime, plombé par les sanctions occidentales, n’arrive pas à faire baisser, qui a poussé les populations dans les rues.
La répression féroce réussira-t-elle à les calmer ? Rien n’est moins sûr !
La coupure d’Internet, depuis plusieurs jours maintenant, n’est pas une solution, dans la mesure où des canaux subsistent pour informer l’extérieur en ce qui concerne la violence inouïe de la répression.
Ce qui mobilise une bonne partie de la diaspora iranienne, partout à travers le monde, qui dénonce les atrocités des mollahs et fustige le manque de démocratie qui rend leur régime anachronique au XXIᵉ siècle.
Cependant, affirmer que c’est le chant du cygne des ayatollahs serait aller vite en besogne.
Si Trump s’en mêle, en réalisant le vœu de Netanyahou, tout est possible, même si les États-Unis pourraient s’exposer à des risques importants, comme les menaces ouvertes de Téhéran le révèlent.
Quid de l’implication bruyante de l’héritier du Chah, qui ne ménage pas ses efforts pour sortir du lot des prétendants au pouvoir ?
Pour le moment, Trump l’ignore, mais des Iraniens brandissent ses photos dans les rues de Téhéran. Qui l’eût cru ?
L’Iran est à un tournant historique, avec cette crise sanglante qui remet en cause le régime des mollahs.
Même si la répression s’impose — ce qui n’est pas évident — une perestroïka et une glasnost, version iranienne, seraient incontournables.
Tout laisse croire, cependant, que si les massacres continuent, des réformettes ne suffiraient pas à contenter des populations survoltées.



















