
Les négociations directes entre les USA et l’Iran ont échoué, après plus de vingt heures de discussions entre les délégations américaines et iraniennes.
Ainsi, malgré la présence du vice-président américain, J. D. Vance (chef de délégation), et de la délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement, Mohammad Bagher Qalibaf, accompagné du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghehi, aucun accord n’a été obtenu.
Les Iraniens dénoncent les demandes maximalistes des Américains, notamment sur la question nucléaire et le contrôle du détroit d’Hormuz.
Cet échec retentissant pourrait avoir des conséquences redoutables si Trump décide de suivre, encore une fois, Netanyahou et de relancer les bombardements.
Mais le président américain, qui a accepté de discuter avec les Iraniens, au vu de la situation économique mondiale qui était en train de basculer dans une crise sans précédent, avec des prix du pétrole qui atteignaient des sommets, n’y a pas intérêt.
Mais s’il voulait vraiment des discussions fécondes, tiendrait-il les propos outranciers qu’il a tenus toute la semaine dernière, en mettant en exergue sa « victoire » contre le pays des Mollahs ?
Certes, l’Iran est bien affaibli, ses leaders charismatiques ont été éliminés, ses moyens militaires réduits de beaucoup.
Sans que ses capacités de résistance ne soient annihilées. Au contraire !
Le « dôme de fer » israélien a été transpercé, à plusieurs reprises, causant des pertes en vies humaines sur le territoire de l’État hébreu.
Trois aéronefs américains ont été abattus et le total des victimes américaines est chiffré à 13.
Ni Israël ni les USA n’ont franchi la ligne rouge de lancer des troupes au sol.
Même si, pour sauver un pilote dont l’avion a été atteint dans le ciel iranien, une opération terrestre a été menée avec succès par l’armée américaine.
Au final, après 40 jours de guerre, l’Iran n’est pas vaincu et l’erreur de Vance et de Trump a été de croire le contraire et d’avoir voulu imposer ce qui serait des « conditions pour un armistice » à Islamabad.
L’Iran, bien que très affaibli, ne peut se soumettre et ce, d’autant qu’il a compris qu’en ciblant lâchement ses voisins du Golfe, il prenait en otage l’économie mondiale ;
L’Iran a réussi aussi à contrôler le détroit d’Hormuz et donc 20 pour cent des possibilités d’exportation du pétrole mondial.
Cette stratégie de survie est l’ombre portée d’une volonté d’aller jusqu’au bout, par tous les moyens possibles.
On ne peut vaincre un tel État par des bombardements aériens seulement.
Trump n’a pas bien étudié son sujet. Il a pris l’exemple du Venezuela et a essayé de le transposer en Iran. Erreur !
Il y a aussi qu’on ne peut ni faire une guerre de manière efficace, ni des négociations fécondes, sous les yeux des caméras qui tournent 24 heures sur 24.
Chef suprême des Armées et commentateur en chef, Trump saborde lui-même ses propres initiatives, par ses propos « qu’un président ne doit pas tenir ».
Pourtant, dealer chevronné, Trump sait qu’il s’est piégé tout seul, avec l’aide toxique de Netanyahou qui, lui, n’a rien à perdre.
Que faire maintenant pour sortir du guêpier ?
Négocier, avec moins de bavardage et beaucoup plus de souplesse.
Pour le nucléaire, l’Iran avait signé un accord en 2015 avec les USA de Barack Obama et les Européens. Il peut être dépoussiéré par Trump, qui l’avait enterré.
Le détroit d’Hormuz n’est pas bloqué, il est contrôlé par l’Iran et cela peut être « arrangé », en impliquant l’ONU.
Les 400 et quelques tonnes d’uranium enrichi à 60 pour cent, introuvables, peuvent être « diluées » avec l’aide de l’AIEA, qui assurerait un suivi, comme auparavant.
L’Iran ayant toujours affirmé (même si on peut douter de sa parole) qu’il ne cherchait pas à fabriquer une bombe, accepterait ce nouveau deal si des garanties internationales lui sont données contre de nouvelles attaques militaires.
Les séquences qui viennent de se dérouler (négociations et attaques traîtresses) ont fondu la confiance de Téhéran comme beurre au soleil.
Pourtant, l’Iran a un besoin vital de faire la paix pour sauver le régime des Mollahs.
Mais le changement de régime ne se décrète pas.
Chaque peuple en décide et s’en donne les moyens.
L’Iran des Mollahs n’a jamais été dans une situation aussi difficile. Il est au bord du précipice et c’est pourquoi il reste très dangereux.
Il a encore des atouts importants : des militants « die-hard », des soutiens (Russie et Chine, notamment), un immense territoire et des ressources humaines et naturelles exceptionnelles.
Trump peut bloquer le détroit d’Hormuz, auquel cas il va se tirer une balle dans le pied, car les prix du pétrole vont grimper et cela va impacter le consommateur américain.
À la veille de la Coupe du monde de football et à l’horizon des élections de novembre (mi-mandat), Trump a très peu de marge de manœuvre.
Continuer le dialogue ou reprendre la critique des armes ?



















