Les États-Unis ont fermement condamné l’attaque qui a coûté la vie à plus de 160 personnes dans l’État de Kwara, au centre-ouest du Nigeria, survenue en début de semaine, selon un message publié vendredi sur X par la mission diplomatique américaine.
Le massacre s’est produit dans la nuit de mardi à mercredi dans le village de Woro. L’attaque a été attribuée à des groupes jihadistes par le président nigérian Bola Tinubu et par plusieurs experts sécuritaires.
« Les États-Unis condamnent l’attaque horrible perpétrée dans l’État de Kwara, qui a fait plus de 160 morts, le bilan restant incertain et de nombreuses personnes étant toujours portées disparues », a indiqué la mission américaine. Il s’agit de l’un des pires massacres recensés dans le pays ces derniers mois.
Selon la Croix-Rouge, au moins 162 corps ont été retrouvés mercredi, tandis que le gouverneur de l’État a avancé un bilan provisoire de 75 morts. Les autorités locales évoquent des chiffres évolutifs en raison des disparus et de l’isolement de certaines zones.
Washington a salué la décision du président Tinubu de déployer des forces de sécurité pour protéger les villages de la région, ainsi que ses directives aux autorités fédérales et étatiques pour fournir une aide humanitaire et traduire en justice les responsables de cette « atrocité ».
D’après des habitants et des responsables nigérians, l’attaque aurait visé la localité après le refus de ses habitants d’adhérer à l’idéologie des assaillants. Depuis 2009, le nord-est du Nigeria est en proie à une insurrection menée par Boko Haram et sa faction rivale, État islamique en Afrique de l’Ouest. D’autres groupes armés, parfois liés à ces organisations, se sont également implantés dans le nord-ouest du pays.
En octobre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué sa première attaque sur le sol nigérian, près de Woro. L’attaque de Kwara, qui a visé une localité majoritairement musulmane, s’inscrit dans une vague de violences touchant indistinctement chrétiens et musulmans.
La dégradation sécuritaire au Nigeria est devenue un sujet d’attention pour Washington. Le président américain Donald Trump a récemment affirmé que les chrétiens y seraient « persécutés » et victimes d’un « génocide », des accusations rejetées par Abuja et par la majorité des experts, qui soulignent le caractère indiscriminé des violences.
Dans ce contexte, l’armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, a mené des frappes dans l’État de Sokoto le jour de Noël, visant, selon elle, des membres de l’État islamique. Depuis lors, la coopération militaire entre les deux pays s’est intensifiée.















