Les autorités sénégalaises ont annoncé l’ouverture d’enquêtes à la suite du décès d’un étudiant survenu lundi soir, à l’issue de violents affrontements entre forces de l’ordre et étudiants à Dakar.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a indiqué lors d’un point de presse que des investigations ont été engagées afin d’établir les responsabilités, tant du côté des forces de sécurité que des manifestants. Il a assuré que toute personne impliquée dans des actes de violence sera sanctionnée une fois les faits établis.

Aux côtés des ministres de l’Enseignement supérieur, de la Justice et des Forces armées, il a affirmé que les autorités entendent agir « sans complaisance », précisant que les enquêtes porteront sur l’ensemble des circonstances ayant conduit au drame.

La ministre de la Justice, Yacine Fall, a pour sa part annoncé la saisine du parquet afin de diligenter les investigations nécessaires. Elle a assuré que toute la lumière sera faite sur les conditions du décès et que les éventuels responsables devront répondre de leurs actes devant la justice. « Les campus ne doivent pas devenir des espaces de violence », a-t-elle déclaré.

Les heurts ont éclaté à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où des étudiants protestaient contre des retards dans le paiement de leurs arriérés de bourse ainsi que contre la fermeture de restaurants universitaires. Les affrontements ont conduit au décès d’un étudiant inscrit en deuxième année de médecine.

Depuis plusieurs mois, l’établissement — l’un des plus importants d’Afrique de l’Ouest — ainsi que d’autres universités publiques du pays connaissent des mouvements de contestation récurrents liés aux retards de paiement des bourses et aux conditions de vie estudiantines.

Ces tensions répétées perturbent régulièrement le calendrier académique, entraînant des chevauchements entre années universitaires. Les retards de versement, qui peuvent durer plusieurs mois, concernent des allocations mensuelles variant entre 20.000 et 60.000 francs CFA.

Le décès de l’étudiant intervient dans un climat social déjà tendu et relance le débat sur la gestion du système des bourses et sur les modalités d’intervention des forces de l’ordre dans les espaces universitaires.