L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lancé un appel de 91 millions de dollars afin de financer son Plan de réponse aux migrants 2026 (MRP), destiné à fournir une assistance humanitaire aux personnes empruntant les principaux corridors migratoires en Afrique.

Ce plan cible notamment la route de l’Est, reliant la Corne de l’Afrique au Yémen et aux pays du Golfe, ainsi que la route australe menant vers l’Afrique du Sud. En partenariat avec 48 organisations, l’agence onusienne prévoit également d’intensifier le soutien aux communautés d’accueil, fortement impactées par ces flux migratoires.

« La migration le long de ces routes est une responsabilité partagée », a souligné la directrice générale de l’OIM, Amy Pope, insistant sur la nécessité d’une coordination renforcée et d’un engagement durable pour protéger les personnes en déplacement.

Chaque année, des milliers de migrants, principalement originaires d’Éthiopie et de Somalie, transitent par Djibouti vers le Yémen dans l’espoir d’atteindre les pays du Golfe. D’autres prennent la route du sud, traversant le Kenya, la Tanzanie, le Mozambique, la Zambie ou encore le Malawi avant de rejoindre l’Afrique du Sud.

L’année 2025 a été particulièrement dramatique sur la route orientale, avec plus de 900 migrants morts ou portés disparus, un bilan record. Les personnes en mouvement sont confrontées à de multiples dangers : violences, exploitation, traite d’êtres humains, faim, déshydratation ou encore détentions arbitraires.

Coordonnée par l’OIM depuis 2018, la réponse régionale entend désormais être renforcée. Le plan 2026 prévoit l’élargissement de l’aide d’urgence, des services de protection, des programmes de retour volontaire et de réintégration, ainsi que des initiatives de stabilisation communautaire. Il inclut également un renforcement de la collecte de données et des partenariats, y compris avec le secteur privé.

L’organisation alerte toutefois sur l’insuffisance des financements actuels face à l’ampleur des besoins. Sans ressources supplémentaires, plusieurs centres d’accueil en Éthiopie, au Kenya, en Somalie et à Djibouti pourraient fermer, privant des milliers de personnes vulnérables — notamment des survivants de la traite et des mineurs non accompagnés — d’accès aux soins, à la protection et à un hébergement sécurisé.

Parmi les partenaires mobilisés figurent le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie (PACCI), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), ainsi que plusieurs gouvernements d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe.