
Après de longues semaines en détention au Maroc, les 18 supporters sénégalais qui avaient tenté d’envahir la pelouse et affronté les forces de l’ordre marocaines ont été jugés et condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme.
Le verdict est sévère, mais il est à la mesure des actes irresponsables de ces 18 personnes (sur des dizaines de milliers présentes au stade de Rabat) qui ont cherché à défier les forces de l’ordre et à semer un chaos qui aurait pu aboutir à des conséquences dramatiques.
La décision de la justice marocaine est contestée par de nombreux Sénégalais, toujours en proie à la ferveur partisane. Mais, en toute chose, il faut savoir raison garder et, dans ce cas précis, considérer la gravité des actes posés ainsi que l’impératif de les condamner.
Et ce, d’autant plus que le Maroc a une obligation d’exemplarité dans ce contexte particulier où il se prépare à accueillir la Coupe du monde de football dans quatre ans, un événement autrement plus difficile à organiser que la CAN, dans la mesure où c’est le monde entier qui aura rendez-vous dans le Royaume chérifien.
Ce sera la deuxième fois sur le continent africain, après celle organisée en Afrique du Sud en 2010.
Le défi est de taille et le Maroc joue gros : il s’agit d’une échéance mondiale pour l’ensemble du continent, devenu une « puissance footballistique » planétaire et qui mérite d’être considéré comme tel, sur tous les plans, y compris celui de l’organisation des « grandes messes » du sport roi.
Dès lors, le sort des supporters sénégalais doit être considéré avec lucidité, tout comme les sanctions infligées à l’encadrement technique, qui les a acceptées sans rechigner.
Et, en outre, il ne s’agit que d’un jugement en première instance.
Les personnes concernées vont faire appel et se défendre au tribunal, en sollicitant la bienveillance et la compréhension des juges.
Toute autre attitude de défiance serait inconséquente et improductive.
Personne n’a le droit d’envahir un terrain de football.
Le hooliganisme est un délit et doit être réprimé avec fermeté.
C’est dire que les supporters doivent, eux aussi, être organisés et éduqués.
Les stades ne sont pas des lieux de vandalisme, comme ils le deviennent malheureusement dans presque tous les continents.
En Europe, le racisme reste un fléau à combattre, et partout ailleurs le chauvinisme débridé.
Un match de football n’est qu’un jeu, pas une guerre.
Joueurs et supporters sont des justiciables comme les autres.
En déplacement, ils doivent représenter dignement leur pays d’origine, dont ils sont les ambassadeurs.
Si l’équipe du Sénégal est appelée les « Lions de la Téranga », il y a une raison : la « téranga », c’est l’art de l’hospitalité à la sénégalaise, porté à un sommet difficilement atteignable.
C’est un défi permanent pour les sportifs sénégalais de rester à ce sommet, où le respect de l’adversaire est un impératif catégorique.














