Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema a nommé son fils Teodoro Obiang Mangue dit « Teodorín » au poste de premier vice-président, le consacrant ainsi officiellement comme son dauphin constitutionnel.

Celui qui était jusqu’ici deuxième vice-président, poste qui n’a jamais existé dans la constitution du pays, est donc propulsé à une marche du pouvoir suprême.
Le processus de succession avec lequel le chef de l’Etat équato-guinéen a rusé pendant longtemps est dorénavant enclenché.

Processus enclenché

Le président Obiang réélu au mois d’avril pour un énième mandat de cinq ans a déjà déclaré qu’il n’en briguerait plus un autre. Il met donc en selle son fils en signant et en faisant lire publiquement un décret le nommant premier vice-président à la télévision d’Etat.

Maintenant les choses sont claires et la Guinée équatoriale va devoir faire face à la justice française qui continue de poursuivre Teodorín dans le cadre de la « traque des biens mal acquis ».

Ce nouveau statut de deuxième personnalité de l’Etat n’aura pas d’impact sur les procédures judiciaires en cours en France car la Cour de Cassation, la plus haute juridiction de l’Hexagone, a validé les poursuites et ouvert la voie à un procès.

L’Europe synonyme d’arrestation

La Cour de cassation a considéré que les faits reprochés à Teodorín concernent sa vie privée et n’ont pas de lien avec ses fonctions étatiques.

Le nouveau dauphin a donc un obstacle de taille à franchir pour se légitimer au niveau de la communauté internationale. Tout séjour en Europe lui est interdit et s’il se hasardait à s’y déplacer rien ne lui garantirait qu’il ne serait pas arrêté.

Pour un futur président de la République, le problème est complexe. A moins de faire comme le Soudanais Omar El Bechir, recherché par la Cour Pénale Internationale (CPI) qui choisit bien ses déplacements à l’étranger pour préserver sa liberté.

 

 

Crédit image : Teodorín Obiang Mangue, dit Teodorín © Facebook.