Le président ghanéen Nana-Akufo

Le « pacte de paix » signé par les deux candidats à la présidentielle ghanéenne a-t-il volé en éclats à l’annonce des résultats, hier soir, par la commission électorale qui a proclamé la victoire du président sortant :51,59% contre 47,36% ? En tout cas le parti de Mahama a immédiatement rejeté les résultats officiels et a dénoncé une fraude électorale.

Toutefois, le principal concerné n’a pas encore réagi. Quant au vainqueur, il a appelé ses compatriotes à l’unité. Les observateurs indépendants aussi bien nationaux qu’internationaux ont jugé le scrutin « globalement transparent ». Même si des incidents ont été constatés et que 5 personnes ont perdu la vie. Le taux de participation de 79% démontre l’engouement qu’a suscité la présidentielle qui était couplée aux législatives.

Les résultats partiels des législatives qui ont été publiés sont aussi contestés, cette fois, par le camp de Akufo-Addo. Le NDC revendique la victoire et le NPP s’inscrit en faux, mettant ainsi sur la place publique un deuxième front de contestation, si on peut dire. La « démocratie exemplaire » ghanéenne ne le serait pas plus que ça en Afrique où les contestations électorales sont la norme. Et l’image que renvoie Trump de l’Amérique n’autorise plus ce pays à donner des leçons de fair-play démocratique à qui que ce soit.

Le Ghana entre donc dans une zone de turbulence politique et devrait s’en sortir par ses propres moyens, par le dialogue démocratique. Les résultats contestés doivent être vérifiés et les voies de recours légales utilisées. Mais attendons les premières déclarations du « perdant » pour y voir plus clair.