L’escalade militaire entre l’Iran, les États-Unis et Israël fait peser une menace croissante sur la sécurité énergétique mondiale, avec des frappes visant plusieurs sites stratégiques de production et de raffinage dans la région du Golfe.

Dernier développement en date, le site de Ras Laffan, au Qatar, considéré comme le plus grand complexe de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, a été « considérablement endommagé » par des frappes iraniennes. Selon la société publique QatarEnergy, plusieurs vagues d’attaques ont provoqué d’importants incendies, désormais maîtrisés, mais les dégâts restent significatifs, alimentant les inquiétudes sur l’approvisionnement international en gaz.

Ces frappes s’inscrivent dans une logique de représailles, après une attaque menée par Israël contre le gisement offshore iranien de South Pars, qui assure près de 70 % de la consommation de gaz du pays. Certaines installations y ont été incendiées, selon les autorités iraniennes. En réaction, le président américain Donald Trump a menacé de détruire l’ensemble du gisement si l’Iran poursuivait ses opérations contre les installations énergétiques dans la région.

Le gisement de South Pars est partagé avec le Qatar, où il est exploité sous le nom de North Field, qui concentrerait environ 10 % des réserves mondiales de gaz naturel. Le Qatar est par ailleurs lié à de grands groupes énergétiques internationaux, dont TotalEnergies, Shell, Sinopec et Eni, dans le cadre de contrats de long terme.

Parallèlement, plusieurs autres infrastructures clés ont été ciblées. En Arabie saoudite, un drone s’est abattu sur la raffinerie de Samref, à Yanbu, sur la mer Rouge. L’installation, détenue par Aramco et une filiale d’ExxonMobil, fait actuellement l’objet d’une évaluation des dégâts.

Dans le Golfe, la raffinerie de Ruwais, aux Émirats arabes unis, a suspendu ses activités par mesure de précaution après une attaque de drone dans sa zone industrielle. De son côté, la grande raffinerie de Ras Tanura, en Arabie saoudite, a été visée à plusieurs reprises depuis le début du conflit, avec un épisode ayant entraîné un incendie et un arrêt partiel de la production, avant une reprise progressive de l’activité.

L’Iran n’est pas épargné. L’île de Kharg, par où transitent environ 90 % des exportations de pétrole iranien, a été ciblée par des frappes américaines. Téhéran affirme toutefois que les exportations se poursuivent normalement et qu’aucune victime n’est à déplorer.

L’ensemble de ces attaques illustre une montée en intensité du conflit, désormais étendu au cœur des infrastructures énergétiques les plus sensibles de la planète. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du commerce mondial d’hydrocarbures, reste en toile de fond des tensions, faisant planer le risque d’un choc majeur sur les marchés.

Dans ce contexte, les opérateurs énergétiques et les États consommateurs redoutent des perturbations durables de l’approvisionnement en pétrole et en gaz, susceptibles d’entraîner une volatilité accrue des prix et de fragiliser davantage l’économie mondiale.