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Une quarantaine d’agents des eaux et forêts ont été tués samedi lors d’une attaque jihadiste contre un poste forestier dans l’est du Burkina Faso, illustrant la recrudescence des violences dans ce pays sahélien en proie à une insécurité persistante.
L’assaut a visé le poste forestier de Tandjari, dans la province du Gourma. Selon une source sécuritaire régionale, « une violente attaque terroriste » y a causé la mort d’environ quarante paramilitaires. Certains corps ont été transférés à Fada N’Gourma pour inhumation, tandis que d’autres, parfois calcinés, n’ont pas pu être récupérés.
Une seconde source sécuritaire a indiqué que « des dizaines de corps » avaient été retrouvés regroupés dans des tranchées creusées autour du poste. Les assaillants auraient dépouillé les victimes de leurs armes avant de se retirer, peu avant l’arrivée de renforts.
L’attaque a été revendiquée lundi par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, qui affirme avoir tué « 50 soldats burkinabè ». Selon des sources locales, il s’agirait de l’attaque la plus meurtrière visant spécifiquement les agents des eaux et forêts, un corps paramilitaire jugé moins équipé face aux groupes jihadistes.
Une série d’attaques coordonnées
Entre jeudi et dimanche, le nord et l’est du Burkina Faso ont été le théâtre de plusieurs attaques meurtrières, pour la plupart revendiquées par le JNIM.
Samedi, la ville de Titao, chef-lieu de la province du Loroum (nord-ouest), a également été ciblée. Une dizaine de civils, dont sept commerçants ghanéens, ont été tués. L’armée burkinabè a indiqué avoir repoussé l’offensive.
Selon le porte-parole des forces armées nationales, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, les assaillants, répartis en plusieurs groupes, ont attaqué le détachement militaire et incendié des étals du marché pour produire des vidéos de propagande.
D’autres positions militaires ont été visées ces derniers jours, notamment à Naré (nord), Bilanga (est) et Ouahigouya (nord). Le JNIM affirme avoir tué dix soldats à Bilanga et neuf à Ouahigouya.
Une insécurité persistante
Dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré depuis le coup d’État de septembre 2022, le Burkina Faso fait face depuis plus d’une décennie aux attaques de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
Malgré les engagements de la junte de restaurer rapidement la sécurité, le pays reste plongé dans une spirale de violences. Depuis 2015, ces attaques ont causé des dizaines de milliers de morts civils et militaires, dont plus de la moitié au cours des trois dernières années, selon les données de l’ONG Acled spécialisée dans le suivi des conflits.















