
L’opinion internationale s’est emparée d’un sujet qui devrait faire consensus à l’Union africaine, à savoir une éventuelle candidature de l’ancien président sénégalais, Macky Sall, au poste de secrétaire général de l’ONU.
D’ailleurs, selon un décompte confidentiel, 44 États sur 54 ont déjà manifesté leur volonté de voter pour une telle candidature, si elle venait à être confirmée.
Cet élan continental positif est parfaitement compréhensible, au vu du bilan exceptionnel de Macky Sall, à la tête de son pays pendant 12 ans et de sa présidence à la tête de l’Union africaine, qui s’est traduite par des succès retentissants lorsqu’il s’est agi de négocier avec l’Ukraine et la Russie pour l’approvisionnement en blé de nombreux pays africains et de mobiliser la communauté internationale pour diligenter l’aide à l’Afrique dans la lutte contre le Covid-19.
Macky Sall a été une voix audible, portée par un homme crédible, doublé d’un leader respecté dans le monde entier, qui s’est imposé aux réunions du G20 et sur tous les fora internationaux où il a défendu la cause continentale de manière pertinente.
Pour plaider contre le fardeau de la dette qui asphyxie les États et les peuples africains, dont les ressources, pillées par les colonialistes, continuent de l’être dans le cadre d’une « mondialisation » qui favorise le Nord et les autres États qui ont réussi à imposer des regroupements puissants comme l’OPEP ou des géants comme la Chine, la Russie, voire le Brésil, qui réussissent à tirer leur épingle du jeu, malgré les sanctions pour les uns et la guerre commerciale pour les autres.
L’Afrique a assurément des combats nouveaux et anciens à mener pour s’émanciper et s’imposer dans ce 21e siècle qui sera le sien, celui de son moment de briller sur la scène mondiale par son dividende démographique unique, ses ressources fabuleuses sécurisées et utilisées en faveur de ses populations, avec des organisations interétatiques solides, panafricaines et souveraines, dirigées par des leaders démocrates, lucides, qui écartent le populisme étriqué et nuisible.
Dans ce contexte, une éventuelle candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU devrait être soutenue par tous les États africains, à commencer par le Sénégal.
Mais lorsqu’un soi-disant représentant d’une organisation « droit-de-l’hommiste » affiche son parti pris sectaire pour demander au président Diomaye Faye « de ne pas soutenir la candidature de Macky Sall », on tombe des nues.
Pour qui se prend Seydi Gassama pour oser se dépouiller de ses habits de représentant d’une organisation internationale, donc soumis à un droit de réserve, pour faire irruption sur la scène politique nationale et révéler, au grand jour, son « sectarisme » qu’il s’évertuait, jusqu’ici, à masquer ?
M. Gassama n’est mandaté par personne pour déverser sa propre logorrhée qui pue l’indécence.
Cet homme a perdu toute crédibilité en accusant le président Macky Sall.
Mais pourquoi diable ne pipe-t-il mot sur les vandales qui ont incendié les stations Total, pillé les supermarchés Auchan et attaqué les maisons de Matar Ba, ministre des Sports, Me El Hadj Diouf, avocat, et des dizaines de commerçants qui ont eu le malheur d’avoir croisé le chemin des croisés du gatsa-gatsa ?
Seydi Gassama est à plaindre car, dorénavant, sa parole n’a plus aucune crédibilité.
Il est permis cependant de s’interroger si elle a influencé le président Diomaye Faye, dont le silence est assourdissant sur l’éventuelle candidature de Macky Sall.
Il est certain que beaucoup de ses pairs africains lui en ont parlé et n’ont pas obtenu de lui un engagement ferme.
Son absence du sommet de l’Union africaine, en cours, prolonge ce mutisme qui pose question.
Il est évident qu’on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens et que la sortie de Mimi Touré pour exclure Bougar Diouf de « Diomaye Président », parce qu’il a osé apporter son soutien à la candidature de Macky Sall, n’aurait pas prospéré s’il y avait un veto présidentiel.
Donc le silence de Diomaye va dans le sens de l’acte posé par Mimi Touré, qui, elle, développe une vendetta personnelle contre le président Sall.
Pourtant, il est dans l’intérêt politique de la « coalition Diomaye Président » d’avoir de très bonnes relations avec l’APR de Macky Sall et même le PDS de Karim Wade.
Et Mimi Touré n’est certainement pas la personne qui pourrait ouvrir un tel axe de coopération politique.
Elle hypothèque d’éventuelles retrouvailles indispensables pour la refondation politique inéluctable qui s’annonce.
Macky Sall reste une force politique au Sénégal et rien ni personne ne peut lui enlever sa représentativité nationale et, le moment venu, sa capacité de mobilisation.
Ainsi, par-delà l’enjeu onusien, il y a l’ombre portée de la bataille politique nationale, plus ouverte que jamais, dans un contexte de marasme économique et de désenchantement de la jeunesse en proie au désespoir, après deux ans de troisième alternance et de toutes les déceptions.















