
L’aéroport international Diori Hamani de Niamey a été la cible, dans la nuit de mercredi à jeudi, d’une attaque armée revendiquée vendredi par l’État islamique. Une opération rare dans la capitale nigérienne, alors que les violences jihadistes touchent habituellement l’ouest et le sud-est du pays.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des tirs nourris et de fortes détonations ont été entendus peu après minuit pendant plus d’une heure. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des échanges de tirs intenses ainsi que des traînées lumineuses dans le ciel, suggérant l’intervention de systèmes de défense antiaérienne, possiblement face à des drones. Des images satellite ont également révélé des zones partiellement brûlées à proximité de la piste et des toitures endommagées.
La junte militaire a indiqué que les combats avaient duré environ une heure et avaient nécessité une « riposte aéroterrestre ». Le bilan officiel fait état de quatre militaires blessés, d’une vingtaine d’assaillants tués et de onze autres arrêtés. Trois aéronefs civils ont été touchés. La circulation aérienne a été rapidement rétablie, à l’exception de certains vols, notamment ceux de la compagnie Asky.
Si le Niger est confronté depuis plus d’une décennie aux violences jihadistes, notamment celles du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, lié à Al-Qaïda) et de l’État islamique au Sahel, il est inhabituel que la capitale soit directement visée. La semaine précédente, le JNIM avait toutefois revendiqué une attaque à l’engin explosif improvisé contre un véhicule militaire à quelques kilomètres à l’est de Niamey, illustrant un rapprochement progressif de la menace.
Sur le plan politique et diplomatique, l’attaque a été suivie d’une escalade verbale. Le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, a publiquement accusé la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’être les « sponsors » des assaillants, tout en saluant le rôle de « partenaires russes » dans la défense du site. Ces accusations ont été fermement rejetées par Abidjan et Cotonou, qui ont dénoncé des propos jugés graves et infondés.
L’aéroport de Niamey revêt une importance stratégique majeure. Il abrite la base aérienne 101, ancien point d’appui des forces françaises avant leur retrait fin 2023, ainsi que le quartier général de la force unifiée créée par le Niger avec le Mali et le Burkina Faso pour lutter contre les groupes jihadistes. Le site accueille également un important stock d’uranium, au cœur d’un différend entre les autorités nigériennes et le groupe français Orano.
Malgré la gravité de l’attaque et les mouvements de panique qu’elle a provoqués dans les quartiers environnants, le calme est revenu quelques heures plus tard dans la capitale. Les vols ont repris, les commerces ont rouvert et la circulation est redevenue normale, tandis que les forces de sécurité maintiennent un dispositif renforcé autour de l’aéroport et de la base militaire.













