Le Premier ministre du Portugal, Antonio Costa, avec le président angolais Joao Lourenço.

Le Premier ministre du Portugal, Antonio Costa, a promis lundi d’augmenter le soutien financier de son pays à son ancienne colonie l’Angola. Costa est en visite officiel en Angola pour « accélérer la normalisation des relations politiques des deux pays ».

Le Portugal compte ainsi augmenter sa ligne de crédits de soutien aux exportations (des entreprises portugaises vers l’Angola) de 1 à 1,5 milliard euros. « C’est un signe très important de la volonté de nos deux pays de continuer à renforcer leurs relations économiques », déclaré Antonio Costa devant la presse.

Le voyage du chef du gouvernement portugais marque la reprise des visites à haut niveau entre dirigeants des deux pays, en froid depuis la décision de Lisbonne de juger sur son territoire l’ancien vice-président angolais Manuel Vicente pour corruption. Selon des observateurs, l’ex-président angolais Jose Eduardo dos Santos, qui a régné sans partage sur son pays de 1979 à 2017, en avait pris ombrage. Les liens se sont réchauffés depuis la décision, en mai, de la justice portugaise de transférer à Luanda le procès de M. Vicente, comme le souhaitait l’Angola.

M. Costa a confirmé qu’il signerait mardi, lors d’un entretien avec le nouveau président angolais Joao Lourenço, un accord de coopération stratégique bilatéral couvrant la période 2018-2022. Cet accord « étend notre coopération à des domaines de souveraineté tels que la défense, la collaboration technique policière ou l’administration fiscale ».

Malgré leurs différends politiques, le Portugal et l’Angola ont conservé d’étroits liens économiques. Selon l’AFP, Luanda est la troisième destination des investissements portugais dans le monde et le huitième client de ses entreprises.

Deuxième producteur pétrolier d’Afrique subsaharienne, l’Angola a pris une place de choix sur le marché portugais en y investissant massivement à la faveur de la crise financière mondiale de 2008, au moment où le prix du brut était au plus haut.

Mais la chute des tarifs de l’or noir en 2014 a plongé le pays africain dans une profonde crise dont il ne parvient pas à sortir. La dette de l’Angola vis-à-vis des entreprises portugaises est estimée à quelque 400 millions d’euros.