
Après plus de quatre décennies sans recensement général de la population, la République démocratique du Congo (RDC) se tourne vers la Côte d’Ivoire pour sécuriser un chantier statistique majeur, indispensable à la planification de ses politiques publiques.
Cette orientation a été actée à l’issue d’une rencontre tenue jeudi à Abidjan entre Guylain Nyembo Mbwizya et Nialé Kaba, ancienne ministre du Plan et du Développement.
Un chantier à haute intensité stratégique
Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse le simple exercice statistique. Après 42 ans sans opération de recensement, il s’agit de disposer de données fiables pour orienter les politiques économiques, sociales et territoriales dans un pays marqué par l’immensité de son territoire et la complexité de ses dynamiques démographiques.
Dans cette perspective, les autorités congolaises ont choisi de s’appuyer sur le modèle ivoirien, considéré comme une référence récente sur le continent, afin d’anticiper les défis logistiques et organisationnels.
« L’objectif est d’éviter les écueils structurels et de gagner en efficacité en capitalisant sur une expérience réussie », a souligné M. Nyembo Mbwizya, insistant sur la nécessité de renforcer les capacités techniques nationales et de sécuriser les différentes phases du processus.
La coopération Sud-Sud en levier opérationnel
De son côté, Mme Nialé Kaba a salué une initiative illustrant la montée en puissance de la coopération intra-africaine. Elle a réaffirmé la disponibilité d’Abidjan à accompagner la RDC, considérant le partage d’expertise comme un levier clé pour accélérer les trajectoires de développement.
Au-delà de la dimension technique, cette coopération s’inscrit dans une logique plus large de renforcement des capacités africaines, à travers des partenariats Sud-Sud fondés sur l’échange de bonnes pratiques et l’adaptation aux réalités locales.
Vers une meilleure gouvernance des données
Dans un contexte où la qualité des données conditionne l’efficacité des politiques publiques, le succès de ce recensement apparaît déterminant pour la RDC.
À travers ce partenariat, Kinshasa cherche ainsi à réduire les risques opérationnels et à poser les bases d’une gouvernance plus fine de ses dynamiques démographiques — un préalable essentiel à toute stratégie de développement durable.















