Près de 77 % des cas de cancer du sein en Afrique sont diagnostiqués à un stade avancé, ce qui réduit considérablement les chances de guérison et alourdit les coûts de prise en charge, selon une étude réalisée par l’Institut WifOR et présentée par le groupe pharmaceutique Roche.

Menée dans sept pays africains – la Côte d’Ivoire, l’Algérie, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, l’Afrique du Sud et la Tunisie – cette étude met en évidence plusieurs facteurs expliquant cette situation. Parmi eux figurent l’insuffisance des programmes de dépistage, l’accès encore limité aux traitements spécialisés et le manque d’information et de sensibilisation autour de la maladie.

Les résultats indiquent également que le cancer du sein HER2-positif, une forme particulièrement agressive de la maladie, représente près de 20 % des cas recensés sur le continent.

Le diagnostic tardif constitue un facteur aggravant majeur, souligne l’étude, car il réduit l’efficacité des traitements disponibles et entraîne souvent des conséquences lourdes pour les patientes, allant d’une incapacité prolongée à travailler jusqu’au décès prématuré.

Face à cette situation préoccupante, les experts appellent les gouvernements africains à renforcer leurs politiques de prévention et de prise en charge, notamment en intensifiant les campagnes de sensibilisation, en développant les programmes de dépistage précoce et en améliorant l’accès aux soins oncologiques.

« L’investissement dans la santé des femmes ne doit pas être considéré comme une simple dépense sociale, mais comme un véritable levier de développement économique », a déclaré le directeur régional Afrique de Roche, Maturin Tchoumi.

Les spécialistes plaident ainsi pour une intégration plus forte de la lutte contre le cancer dans les priorités des politiques sanitaires, afin de réduire la mortalité liée à cette maladie et d’améliorer durablement la qualité de vie des patientes.