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La situation sécuritaire se dégrade de nouveau dans le nord du Nigeria, où une série d’attaques menées par des groupes armés a fait près d’une centaine de morts en quelques jours, dont un général de brigade, tué lors de l’assaut d’une base militaire.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, des combattants jihadistes ont pris d’assaut une position de l’armée à Benisheikh, dans l’État de Borno, à environ 75 kilomètres de Maiduguri. L’attaque a coûté la vie à plusieurs soldats ainsi qu’au commandant de la brigade, le général O.O. Braimah. Plusieurs véhicules et installations militaires ont été incendiés.
Selon des sources sécuritaires, les assaillants ont réussi à submerger temporairement la base avant de se replier. L’armée nigériane a confirmé l’attaque, évoquant de lourdes pertes dans ses rangs, sans fournir de bilan précis, tout en assurant avoir repoussé les assaillants.
La mort du général Braimah intervient quelques mois après celle d’un autre officier supérieur, tué en novembre, illustrant la montée en intensité des attaques ciblant les forces armées.
Une spirale de violences dans le nord
Cette attaque s’inscrit dans une série de raids meurtriers ayant frappé plusieurs villages du nord et du nord-ouest du pays depuis le début de la semaine. Au total, près de 100 personnes ont été tuées, notamment dans des localités isolées de l’État de Niger, où une attaque récente a fait plusieurs dizaines de victimes.
Depuis plusieurs mois, les violences connaissent une recrudescence dans ces régions, sous l’effet combiné de groupes jihadistes, notamment liés à Boko Haram et à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), et de bandes criminelles locales.
Ces groupes multiplient les attaques contre les villages, les enlèvements contre rançon et les assauts contre les positions militaires, provoquant des déplacements massifs de populations.
Un contexte régional sous tension
Confronté à une insurrection persistante depuis 2009, le Nigeria peine à contenir la menace dans ses régions septentrionales, malgré les opérations militaires et l’appui de partenaires internationaux.
La dégradation récente de la situation a conduit certains pays à revoir leur posture sécuritaire. Les États-Unis ont ainsi autorisé le départ du personnel non essentiel basé à Abuja, tandis que des renforts militaires ont été déployés pour soutenir les forces nigérianes.
Selon plusieurs observateurs, cette recrudescence des violences s’inscrit dans une dynamique régionale plus large, marquée par la circulation des groupes armés entre le Sahel et le bassin du lac Tchad.
Une menace durable
Entre attaques contre les forces armées, violences contre les civils et expansion des groupes jihadistes, le nord du Nigeria reste l’un des principaux foyers d’instabilité du continent.
La multiplication des attaques ces derniers jours confirme que, malgré les efforts engagés, la menace demeure profondément enracinée et en constante évolution.















