
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s’est rendu mardi à Hargeisa, capitale du Somaliland, territoire autoproclamé indépendant et récemment reconnu par Israël. Une visite officielle vivement condamnée par la Somalie, qui y voit une violation de son intégrité territoriale.
Le 26 décembre dernier, Israël est devenu le premier État à reconnaître le Somaliland comme pays souverain, plus de trois décennies après sa séparation unilatérale de la Somalie. Cette décision a provoqué une levée de boucliers à Mogadiscio, mais aussi au sein de l’Union africaine et de la Ligue arabe, toutes deux opposées à toute reconnaissance en dehors du cadre de l’État somalien.
À Hargeisa, Gideon Saar a rencontré le président Abdirahman Mohamed Abdullahi et plusieurs responsables civils et militaires. Il a défendu la reconnaissance israélienne, présentant le Somaliland comme un État « stable, démocratique et pro-occidental », et annoncé une coopération accrue dans les domaines de l’eau, de la santé, de l’éducation et de la défense, avec l’ambition affichée de bâtir un partenariat stratégique.
La Somalie a dénoncé une « interférence inacceptable » et une « incursion non autorisée », tandis que l’Union africaine a appelé à l’annulation immédiate de la reconnaissance israélienne. La Ligue arabe a, de son côté, mis en garde contre un risque d’aggravation des tensions dans la Corne de l’Afrique et le golfe d’Aden.
Si les autorités du Somaliland rejettent certaines accusations avancées par Mogadiscio, plusieurs analystes estiment que l’intérêt d’Israël tient avant tout à la position stratégique du territoire, situé face au détroit de Bab el-Mandeb, axe maritime clé et zone de fortes rivalités régionales.














