La Côte d’Ivoire et l’Union européenne ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique avec la signature de deux conventions de financement d’un montant global de 103 millions d’euros, ciblant à la fois les enjeux sécuritaires dans le nord du pays et la modernisation de la mobilité urbaine.

Conclues à Abidjan en marge du Forum régional européen sur les corridors de transport en Afrique de l’Ouest, ces conventions mobilisent un financement combiné de l’Union européenne, à hauteur de 43 millions d’euros, et de l’Agence française de développement (AFD), qui apporte 60 millions d’euros.

Le premier programme, baptisé ATINord, est doté de 40 millions d’euros, complétés par 8 millions d’euros de l’AFD. Il vise à stabiliser les régions frontalières du nord, confrontées à une pression sécuritaire croissante et à des flux migratoires sensibles. À travers une approche intégrée, le projet ambitionne de renforcer la présence de l’État, de soutenir les populations locales et de favoriser le développement socio-économique, considéré comme un levier central dans la lutte contre les facteurs de radicalisation.

« Il s’agit d’un appui direct aux populations et aux services de l’État, avec pour finalité le développement et la prévention de la violence », a souligné Myriam Ferran, directrice générale adjointe aux partenariats internationaux de la Commission européenne.

Le second programme, intitulé Mambo, est dédié à la mobilité urbaine dans la ville de Bouaké. Il prévoit un financement de 15 millions d’euros sous forme de don européen, complété par 40 millions d’euros de prêts de l’AFD. L’objectif est d’améliorer l’organisation des transports, l’aménagement urbain et l’accès aux infrastructures, dans une ville en pleine expansion.

Pour le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, Adama Coulibaly, ces investissements s’inscrivent dans une dynamique globale visant à améliorer les conditions de vie des populations, à travers un meilleur accès aux services de base et un renforcement de la sécurité.

À travers ces deux projets, Abidjan et ses partenaires européens confirment leur volonté d’articuler développement territorial et stabilité sécuritaire, dans un contexte régional marqué par des défis persistants au Sahel et dans les zones frontalières.