Le médiateur de la Cédéao, Goodluck Jonathan

Arrivé hier après-midi à Bamako, le médiateur de la Cédéao, Goodluck Jonathan, n’a pas tardé à entamer les discussions pour tenter de désamorcer la crise après le nouveau coup de force des militaires au Mali.

 

L’ancien président Nigérian et sa délégation ont rencontré, hier soir, les membres de l’ex-junte. Une autre rencontre est prévue ce mercredi avec le Président de la transition, Bah Ndaw et son Premier ministre, Moctar Ouane, « placés hors de leurs prérogatives », hier par le vice-président, Assimi Goïta.

Lors de la rencontre qui s’est tenue au camp militaire de Kati, Le vice-président, le colonel Assimi Goïta, a exposé devant le médiateur de la Cédéao les motifs de l’arrestation du Président de la transition et de son Premier ministre, lundi dernier.

Assimi Goïta a dit reprocher au Président Bah Ndaw et au chef du gouvernement Moctar Ouane, de ne pas l’avoir consulté avant le remaniement ministériel. Ce qui est, selon lui, une violation de la charte de transition. Il a aussi évoqué la crise sociale qui ne trouvait pas de solution, selon lui, et a accusé le Président Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane d’en être les responsables, rapporte RFI.

Toutefois, Goodluck Jonathan et sa délégation, ont évoqué, dans leur réponse, la possibilité pour la Cédéao de prendre des sanctions contre des militaires lors du prochain sommet ad hoc de l’institution. Ces militaires impliqués dans ce dernier coup de force qui seraient proches du Comité national pour le salut du peuple, qui avait perpétré le coup d’État du 18 août 2020.

Ce mercredi, le médiateur de la Cédéao et sa délégation ont dans leur agenda une rencontre avec le Président de la transition et son Premier ministre pour savoir leur position dans cette affaire.

Depuis lundi, plusieurs personnalités étrangères sont entrées en contact avec le vice-président Assimi Goïta, pour s’enquérir de la situation et en savoir un peu plus sur ses intentions. Entouré du capitaine Demba N’Daw, directeur de cabinet avec rang de ministre, de l’ancien ministre de la Défense, le colonel Sadio Camara et de l’ex-ministre de la Sécurité Modiko Koné, éjectés du gouvernement lors du dernier remaniement, et du colonel Malick Diaw, président du Conseil national de transition ; Assimi Goïta assure qu’il tient à l’organisation des élections générales en 2022 comme prévu.

Hier mardi, les Européens ont «condamné avec la plus grande fermeté l’arrestation du président du Mali et de son Premier ministre », selon le président Macron, lors de leur sommet, pourraient très rapidement suivre dans la prise de sanctions.

L’Union africaine, l’ONU et l’UE ont tous condamné le nouveau coup de force des militaires au Mali et ont demandé la libération immédiate et sans condition du Président Bah Ndaw et de son Premier ministre.