Au moins 42 personnes sont mortes lundi au large de Djibouti, a indiqué l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).
 

 

Un bateau exploité par des passeurs, transportant une soixantaine de migrants fuyant le conflit au Yémen, a chaviré en se rendant à Djibouti dans les premières heures du 12 avril. « On ne sait pas ce qui a fait chavirer le navire », a précisé l’Oim dans un communiqué publié le jour de la tragédie. 

Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes migrants africains de la Corne de l’Afrique entreprennent de dangereux voyages depuis des pays comme la Somalie et l’Éthiopie, en passant par Djibouti et le Yémen, en quête de travail dans le Golfe.

La Covid-19 a contraint de nombreuses personnes à faire demi-tour en raison de la fermeture généralisée des frontières qui a réduit l’accès aux États du Golfe. Des voyages similaires entre le Yémen et Djibouti sont entrepris à bord de navires inadaptés, par des migrants désespérés de rentrer chez eux, presque quotidiennement.

Malgré les dangers, le nombre de migrants arrivant à Djibouti continue d’augmenter. En mars, plus de 2.343 migrants sont arrivés du Yémen, contre 1.900 en février. La plupart essayaient de rentrer chez eux en Ethiopie et en Somalie. Le mois dernier, lors d’un incident similaire cette fois en route vers le Yémen, des passeurs ont jeté 80 personnes par-dessus bord après s’être plaints que le bateau était surpeuplé et coulait. Au moins 20 se sont noyés, selon les survivants.

« L’Oim travaille avec les autorités djiboutiennes, la communauté humanitaire et les donateurs pour mettre fin à ces souffrances et sauver des vies », a déclaré Stephanie David, Cheffe de mission de l’Oim à Djibouti.

Pendant ce temps, des dizaines de milliers de migrants de la Corne de l’Afrique sont piégés au Yémen. Beaucoup vivent dans des conditions déplorables, généralement sans accès à la nourriture, au logement, aux soins médicaux et à la sécurité. 

Les migrants sont contraints de payer aux passeurs de grosses sommes d’argent pour qu’ils leur facilitent leur voyage de retour chez eux. Les Missions de l’Oim à Djibouti et au Yémen fournissent de la nourriture, de l’eau, des soins médicaux et des conseils aux survivants de ces tragédies et à d’autres migrants.

Au Yémen, plus de 6.000 migrants ont été identifiés et enregistrés pour qu’ils bénéficient d’une aide humanitaire au retour volontaire pour rentrer chez eux. L’Oim appelle les gouvernements de la région à augmenter cette aide aux migrants bloqués.

En mars, l’Oim a lancé un appel de 99 millions de dollars dans le cadre d’un Plan régional d’intervention pour les migrants dans la Corne de l’Afrique et au Yémen pour répondre aux besoins des migrants dans ces deux régions