A quatre mois des élections présidentielles, la Côte d’Ivoire vient de lancer la révision de ses listes électorales. Un opération nationale d’enrôlement de nouveaux électeurs en vue des scrutins présidentiel et législatif d’octobre en Côte d’Ivoire.

Pour cette opération de recensement, 35.000 agents de recensement seront déployés pendant deux semaines sur plus de 10.800 centres, plus une centaine à l’étranger pour la diaspora, selon la Commission électorale indépendante (CEI).

Si la CEI, qui organise l’ensemble des opérations électorales, ne se fixe pas d’objectif de recensement, elle estime que cinq millions d’Ivoiriens ne sont pas inscrits sur les listes, qui comptent actuellement 6,6 millions d’électeurs.

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En pratique cependant, « environ 250.000 personnes » s’inscrivent lors de chaque révision annuelle, note le président de la CEI Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, cité par l’AFP.

La Côte d’Ivoire compte 25 millions d’habitants, avec une population très jeune et plusieurs millions d’étrangers résidents. Il n’existe pas de statistiques récentes et fiables sur le nombre exact d’Ivoiriens majeurs, de plus de 18 ans.

« J’invite la population à s’enrôler massivement », particulièrement « les nouveaux majeurs », « pour participer au choix du gouvernement national, c’est très important », a déclaré le président de la CEI, appelant également « les leaders politiques à encourager leurs militants à s’enrôler ».

Au pouvoir depuis 2011, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Alassane Ouattara, a déjà désigné son candidat. Il s’agit du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, soigné en France depuis début mai pour des problèmes cardiaques, et dont le retour est toujours attendu.

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Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), ancien allié du RHDP devenu depuis 2018 le principal mouvement d’opposition, désignera son candidat fin juillet. Son chef, l’ancien président Henri Konan Bédié, 85 ans, entretient le mystère sur son éventuelle candidature.

Après avoir boycotté les élections depuis la chute du président Laurent Gbagbo en 2011, le Front populaire ivoirien (FPI) a changé de stratégie et lancé l'”opération inondation électorale”, encourageant désormais ses militants à s’inscrire massivement sur les listes pour peser aux prochains scrutins.

Enfin l’ancien chef rebelle Guillaume Soro, ex-allié du président Alassane Ouattara, s’était déclaré candidat le premier, fin 2019, mais fait face à plusieurs procédures judiciaires dont une condamnation à 20 ans de prison. Il vit en exil en France.