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Dix-sept militaires et trente-six supplétifs de l’armée du Burkina Faso ont été tués dans une nouvelle attaque de djihadistes présumés dans la région du Nord, a annoncé hier mardi l’état-major de l’armée burkinabè qui voulait y réinstaller des civils chassés par la violence.

L’unité attaquée était déployée à Koumbri, dans la province du Yatenga, pour « permettre la réinstallation » de populations « qui ont quitté la zone depuis plus de deux ans », chassées par les djihadistes, explique l’état-major burkinabè, qui a pris le pouvoir lors de coups d’Etat en 2022.

Les violences de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique, qui minent le pays depuis 2015, ont entraîné le déplacement de plus de deux millions de personnes à l’intérieur du pays.

En sept ans, ces fréquentes violences ont également fait plus de 16.000 morts – civils et militaires – selon l’ONG Acled qui répertorie les victimes de conflits.

Les groupes djihadistes sont également actifs dans deux pays voisins du Burkina – le Mali et le Niger également dirigés par des militaires, auteurs de deux coups d’Etat depuis 2020 pour le premier et le 26 juillet pour le second.

Les attaques attribuées par l’armée à des « groupes armés terroristes » se sont multipliées au cours des derniers mois au Burkina.

Vendredi, quatre supplétifs civils de l’armée et un policier ont été tués lors d’une attaque dans le Centre-nord. En août, ce sont cinq policiers burkinabè et une vingtaine de personnes qui avaient été tuées dans le Centre-est dans deux attaques.

Le 26 juin, 71 hommes – 31 soldats et 40 supplétifs civils de l’armée – avaient été tués dans trois attaques, dont les deux plus meurtrières avaient eu lieu dans la province du Centre-nord.

Début septembre, l’état-major indiquait que « différentes actions » menées entre le 7 août et le 1er septembre dans l’ouest du pays avaient permis de « neutraliser plus de 65 terroristes ».

Le capitaine Ibrahim Traoré, président de transition issu d’un coup d’Etat, avait déploré en juillet « des attaques de plus en plus récurrentes contre les civils », estimant que les djihadistes qui contrôlent environ 40% du territoire, faisaient preuve de « lâcheté ».