Patrice Talon, Président de la République du Bénin

                   

Le président béninois, Patrice Talon a présidé, hier mardi, la cérémonie d’installation de la nouvelle Cour constitutionnelle du Bénin. Une juridiction très critiquée par l’opposition qui regrette de n’avoir aucun représentant au sein de l’institution qui vient d’entamer son nouveau mandat de 5 ans. La juridiction aura en charge la supervision des prochaines élections prévues en 2026.

Malgré les protestations de l’opposition, la Cour constitutionnelle du Bénin a été installée, hier. Les membres de la nouvelle Cour ont prêté serment au palais de la Marina, à Cotonou, devant le chef de l’État Patrice Talon.

La nouvelle institution sera présidée pour les cinq prochaines années par l’ancien ministre de la Justice et de l’Enseignement supérieur Dorothé Sossa, avocat de profession, agrégé en droit privé et ancien secrétaire permanent de l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires (Ohada), de 2011 à 2019.

« Nous n’avons aucun doute que vous assumerez cette charge avec responsabilité et honneur », a indiqué le président béninois lors de la cérémonie officielle.

Patrice Talon qui a lui-même désigné trois des sept nouveaux membres de la Haute juridiction, alors que les quatre autres ont été choisis par les députés.

Les choix du parlement ont été dénoncés, la semaine dernière, par l’opposition béninoise, qui regrette de ne pas avoir eu son mot à dire dans cette sélection.

Le parti Les Démocrates, la principale formation de l’opposition, a indiqué que la désignation des membres de la Cour constitutionnelle par le bureau de l’Assemblée doit tenir compte de la minorité parlementaire.

S’exprimant dans la presse, il y a quelques jours, Guy Mitokpè, un cadre de ce parti avait notamment déclaré que « la désignation des quatre personnalités à la Cour constitutionnelle ne peut se faire sans une personnalité désignée par le parti Les Démocrates ».

En effet, la composition de la Cour a son importance, puisque l’institution aura notamment pour mission de contrôler les prochaines élections, notamment les législatives, les municipales et la présidentielle, qui se tiendront toutes en 2026.

Ces dernières années, la Cour a été saisie de nombreuses fois par l’opposition, notamment sur les résultats ou l’organisation des derniers scrutins. Mais la haute juridiction n’avait donné aucune suite favorable à la plupart de ces requêtes.

Richissime homme d’affaires, Patrice Talon a été élu en 2016 et réélu en 2021. Il a initié plusieurs réformes politiques et économiques pour impulser le développement de son pays.

Toutefois, ses pourfendeurs lui reprochent d’être responsable d’un net recul démocratique du Bénin, marqué notamment par l’emprisonnement des principales figures de l’opposition, alors que d’autres leaders politiques ont été carrément poussés à l’exil.

Plusieurs partis de l’opposition n’avaient pas pu prendre part aux élections législatives de 2019 en raison de l’instauration de conditions politiques trop contraignantes.