La Côte d’Ivoire, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a lancé à San Pedro un projet structurant dédié au développement de l’économie bleue, mobilisant près de 29 millions d’euros (environ 19 milliards de FCFA).

Déployé sur une période de cinq ans, le Projet de développement des chaînes de valeur compétitives de l’aquaculture et de la pêche durable (ProDeCAP) vise à transformer en profondeur le secteur halieutique ivoirien et à réduire la forte dépendance du pays aux importations de poissons.

Ce programme devrait bénéficier directement et indirectement à environ 700.000 personnes, dont une part significative de femmes. Près de 50.000 d’entre elles seront concernées par les activités aquacoles, tandis que 650.000 autres évolueront dans le secteur de la pêche, selon les autorités.

Pour le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, ce projet marque une étape stratégique vers le renforcement de la souveraineté alimentaire. Le poisson constitue en effet la principale source de protéines pour les Ivoiriens, avec une consommation moyenne de 24,9 kg par habitant et par an, alors que la production nationale ne couvre que 20% des besoins.

Financé par la Banque africaine de développement (BAD) et appuyé techniquement par la FAO, le projet ambitionne de répondre aux principaux défis du secteur, notamment la dégradation des écosystèmes, la pêche illicite, les pertes post-capture et les difficultés d’accès au financement.

De son côté, le représentant de la FAO en Côte d’Ivoire, Joseph Nyemah, a souligné que cette initiative s’inscrit dans le cadre des fonds de préparation de projets dédiés à la promotion de l’économie bleue dans le pays. Il a précisé que l’appui de l’organisation portera notamment sur le renforcement des bases scientifiques nécessaires à une gestion durable des ressources halieutiques, à travers l’évaluation des stocks de poissons, des lagunes et des eaux continentales.