Le Burkina Faso et les États-Unis ont exprimé leur volonté de renforcer leur coopération bilatérale, notamment dans les domaines des échanges commerciaux et de la lutte contre le terrorisme, selon un communiqué du ministère burkinabè des Affaires étrangères publié jeudi.

Cette dynamique intervient après une période de tensions marquée par la suspension d’une grande partie de l’aide au développement et de la coopération militaire américaine à la suite de l’arrivée au pouvoir de régimes militaires au Burkina Faso, au Niger et au Mali entre 2020 et 2023.

Depuis le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis début 2025, Washington semble toutefois adopter une nouvelle approche en Afrique, privilégiant désormais la diplomatie commerciale comme levier central de son engagement sur le continent.

Dans ce cadre, Nick Checker, haut responsable du bureau des Affaires africaines au département d’État américain, a été reçu mercredi à Ouagadougou par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré.

À l’issue de cette rencontre, le responsable américain a évoqué des échanges « très constructifs » autour de la relance des relations bilatérales et de la coopération sur des questions d’intérêt commun.

« Il s’agit de tirer les leçons du passé, de regarder vers l’avenir, de rétablir la confiance et de travailler ensemble sur des sujets qui nous concernent tous », a-t-il déclaré, selon le communiqué de la diplomatie burkinabè.

D’après le ministère burkinabè des Affaires étrangères, les discussions ont notamment porté sur la coopération dans la lutte contre le terrorisme, avec la perspective d’une levée de la suspension des exportations d’équipements militaires américains vers le Burkina Faso. Les deux parties ont également abordé les opportunités de collaboration dans les domaines économique et commercial.

Le chef de la diplomatie burkinabè a, de son côté, souligné la convergence des préoccupations sécuritaires entre les deux pays. « Les États-Unis veulent protéger leurs frontières et leurs citoyens, et le Burkina Faso poursuit les mêmes objectifs pour assurer la sécurité de sa population », a-t-il affirmé.

Cette rencontre intervient également dans un contexte diplomatique marqué par des tensions liées aux politiques de visas. En décembre dernier, le Burkina Faso avait décidé d’appliquer des mesures de réciprocité à l’égard des ressortissants américains, après l’inscription du pays sur une liste américaine restreignant l’octroi de visas.

Après son passage à Ouagadougou, Nick Checker doit poursuivre sa tournée régionale au Niger, après avoir effectué une visite au Mali au début du mois de février.

Le Burkina Faso, le Niger et le Mali, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), restent confrontés à des violences persistantes de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, responsables de milliers de morts et d’une forte instabilité dans plusieurs régions du Sahel.