
Duduzile Zuma-Sambudla, fille de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma, a démissionné vendredi de l’Assemblée nationale après avoir été accusée d’avoir recruté des Sud-Africains pour le compte de la Russie afin qu’ils combattent en Ukraine. L’information a été annoncée par la direction du parti MK, fondé et présidé par son père.
Lors d’une conférence de presse à Durban, le dirigeant du MK, Nkosinathi Nhleko, a déclaré que « la camarade Duduzile Zuma-Sambudla a informé qu’elle coopérerait pleinement à l’enquête menée par les autorités compétentes. Elle a présenté sa démission de l’Assemblée nationale et de toutes ses fonctions publiques, avec effet immédiat. Les dirigeants du parti ont accepté sa décision. »
Présents dans la salle, ni Duduzile Zuma-Sambudla ni Jacob Zuma, chef de l’État de 2009 à 2018, n’ont fait de déclarations. La semaine précédente, la sœur de Duduzile l’avait publiquement accusée d’être impliquée dans le recrutement de 17 Sud-Africains, bloqués dans la région ukrainienne du Donbass et ayant lancé des appels de détresse à l’actuel président Cyril Ramaphosa.
Nhleko a assuré que « l’Umkhonto we Sizwe (MK), en tant que parti, n’est pas impliqué dans l’affaire russo-ukrainienne concernant ces jeunes », alors que Jacob Zuma est réputé proche du Kremlin.
Un autre haut responsable du parti, Magasela Mzobe, a ajouté que cette démission « ne constitue en rien un aveu de culpabilité » mais vise, selon lui, à permettre à Duduzile Zuma-Sambudla « de se consacrer entièrement à sa coopération avec les services de l’État ».
Selon les autorités ukrainiennes, 1.426 ressortissants de 36 pays africains ont déjà été identifiés dans les rangs russes, un chiffre qui pourrait être largement sous-estimé. Parallèlement, de nombreuses femmes africaines sont attirées par la promesse d’emplois rémunérateurs en Russie, avant d’être orientées vers des usines de fabrication de drones, notamment dans la région du Tatarstan, selon plusieurs enquêtes internationales.
Élue en juin 2024 sous l’étiquette du parti MK, Duduzile Zuma-Sambudla faisait déjà face à des poursuites pour incitation aux émeutes de juillet 2021, déclenchées après l’incarcération de son père et ayant fait plus de 350 morts.















