La quatrième visite du président sénégalais, Diomaye Faye, en France est comme un acte de contrition d’un homme revenu de ses erreurs, ou plutôt libéré de la tutelle dogmatique du Premier ministre qu’il a nommé et qui se trouve être son patron de parti.

En fait, il vient ouvrir le chemin à ce dernier qui se prépare à le suivre – une fois n’est pas coutume – pour, lui aussi, faire amende honorable.

Le cocasse de la situation est que ce couple exécutif, mal assorti, brille maintenant par son incompétence à l’épreuve du pouvoir.

Sonko a tellement multiplié les bourdes qu’il ne sait plus où poser les pieds ou, surtout, ouvrir la bouche.

La France n’est plus le Grand Satan, vilipendé par Guy Marius Sagna, une figure pathétique qui vociférait : « France dégage ! ».
Ses furies verbales ont causé bien des torts à des opérateurs économiques sénégalais qui « avaient le tort » d’exploiter des enseignes françaises comme Total et Auchan, lesquelles ont été pillées par les hordes de jeunes obscurantistes aiguillés par Pastef, le parti de Diomaye et Sonko.

La lucidité, si ce n’est la décence, devrait les pousser, Diomaye et Sonko, une fois à Paname, à promettre une juste réparation judiciaire pour rembourser les pertes subies pendant les émeutes, en même temps que les indemnités prévues pour les familles des victimes.

Une justice à deux vitesses n’en est pas une !

Pour sceller la réconciliation avec la France, Diomaye a invité Macron au cimetière de Thiaroye, à l’occasion de la cérémonie d’hommage qui sera rendue le 1er décembre aux tirailleurs sénégalais assassinés par l’armée coloniale française.

Le chef de l’État français, s’il acceptait l’invitation, serait parfaitement à l’aise, lui qui a reconnu le « crime contre l’humain » que constitue la colonisation et qui est né bien après les indépendances africaines.

Le problème des « souverainistes » autoproclamés est un manque de culture et de compréhension des évènements historiques, dans leur complexité et leur profondeur.
Ils ont appris un « catéchisme » mal ficelé pour les Nuls et le récitent à tout bout de champ.

Sonko, qui joue les Matamore, multiplie les déclarations tonitruantes et fausses, et se couvre toujours de ridicule, et, pire, plonge le Sénégal dans une situation embarrassante.

Il en est ainsi de sa conférence de presse tristement célèbre, pendant laquelle il a « fait des révélations explosives sur la dette cachée de plusieurs milliards de dollars et des falsifications, etc. » : autant de mensonges, fruits d’une lecture faite par un élève à classer parmi les cancres.
La mission du FMI, qui vient de séjourner au Sénégal, parle de « déclarations incomplètes, d’erreurs techniques », mais jamais de dettes cachées sciemment.

Mais le mal est fait pour l’économie sénégalaise, avec les notations dégradées et dégradantes des agences de notation, lesquelles impactent négativement les conditions de levée de fonds sur le marché international.
C’est d’ailleurs pour demander l’aide de la France afin de redresser la situation économique dégradée du Sénégal – que le nouveau régime a aggravée singulièrement – que Diomaye et Sonko se tournent vers Paris.
Toute honte bue !

Ils ont honte de plaider l’excuse de l’incompétence camouflée par une arrogance lamentable qui fait sourire chez les sachant.

Les Sénégalais se sont fait arnaquer démocratiquement, victimes des manipulations des réseaux sociaux et d’une certaine colère justifiée vis-à-vis de certaines pratiques de membres du régime défunt.

Dans l’état actuel des choses, il faut apprécier positivement le revirement contraint et forcé du couple exécutif sénégalais, qui va à Canossa en marchant à la queue leu leu.