Bamako a acquis des hélicoptères pour l’armée de l’Air afin de lutter contre les terroristes.

Achetées pour renforcer les moyens logistiques de l’armée malienne mais cloués au sol depuis, les hélicoptères Puma donnent du fil à retordre au gouvernement malien. Le Chef de l’opposition malienne au Parlement vient de demander la mise en place d’une commission d’enquête pour mettre la lumière sur cette affaire.

C’est en effet en 2017 que l’État malien a acheté du matériel militaire dont deux hélicoptères de manœuvre « Puma ». L’objectif était de doter l’armée malienne de vecteur aérien. Mais quelque temps après, les appareils ont été cloués au sol. Le président malien a affirmé il y a quelques mois qu’il s’agissait d’un problème de maintenance.

Mardi, au cours d’une conférence de presse, le chef de l’opposition a critiqué la politique de défense nationale, selon RFI. Soumaïla Cissé a insisté sur le fait que si les appareils ne marchent plus, c’est à cause notamment de malversations financières. Il a même saisi l’Assemblée nationale sur la question.

« Les hélicoptères, pour sécuriser les populations et les forces armées, ont été achetés dans des conditions très discutables avec de la corruption, avec de la mauvaise maintenance. De l’argent dilapidé, du mauvais matériel acheté qui aurait pu sauver les gens. Et ceci s’est traduit par des morts d’hommes et des villages détruits », souligne Soumaïla Cissé.

Devant la presse, il a ensuite posé des questions précises. « Qui a commandé les appareils, qui les a payés, qui les a audités ? Je pense qu’il est temps de sortir de l’impunité », rapporte RFI. L’élu de la région de Niafunké dans le nord du Mali, a officiellement saisi l’Assemblée nationale pour la création d’une commission d’enquête avec possibilité de saisir la Haute Cour de justice.

« J’ai saisi l’Assemblée nationale, il est important aujourd’hui que les responsabilités soient citées, et ces responsabilités doivent être citées au plus haut niveau », estime Soumaïla Cissé. Des associations et des partis politiques du Mali soutiennent sa démarche.