Des dizaines de roquettes se sont abattues mardi sur la capitale libyenne Tripoli, des tirs imputés aux forces du maréchal Khalifa Haftar qui ont perdu deux villes stratégiques dans l’ouest de la Libye plongée dans le chaos.

Les forces du Gouvernement d’union nationale (GNA) ont accusé les pro-Haftar de bombarder la capitale pour « venger leur défaite » lundi avec la perte en quelques heures, au profit des pro-GNA, des villes côtières de Sorman et Sabratha, respectivement à 60 et 70 km à l’ouest de Tripoli, ainsi que de plusieurs localités plus au sud.

Aucun bilan d’éventuelles victimes des combats ou des tirs de roquettes n’a été rendu public jusque-là. Au plus fort des tirs dans la nuit et mardi matin, Mohamad Gnounou, porte-parole des pro-GNA, a indiqué que les « milices criminelles et les mercenaires (du maréchal Haftar, ndlr) ont déversé leur colère sur les quartiers de Tripoli pour venger leur défaite, tirant aveuglément des dizaines de missiles et de roquettes sur la capitale ».

Les explosions de roquettes avaient dès lundi soir retenti sans interruption dans la capitale, notamment dans le périmètre de l’aéroport de Mitiga en banlieue-est, où des maisons ont été endommagées. Les explosions ont ensuite résonné toute la nuit et mardi matin, selon l’AFP.

La perte de Sorman et Sabratha constitue un nouveau revers pour les forces du maréchal après la perte en 2019 de Gharyane, leur base arrière dans l’ouest libyen. Désormais elles n’ont plus aucun accès à la côte ouest du pays.

Selon un commandant des forces pro-GNA, Oussama al-Jwili, la conquête des deux villes a été décidée après la réception d’informations sur l’intention du maréchal Haftar d’avancer plus à l’ouest pour prendre la ville de Zouara puis le poste frontalier de Ras Jedir, avec la Tunisie.

 

Cette énième escalade de la violence intervient dans un contexte d’aggravation de la situation humanitaire en pleine pandémie mondiale du nouveau coronavirus. Jusqu’à présent, 25 cas de contamination, dont un décès ont été confirmés par le Centre de lutte contre la maladie, basé à Tripoli.

 

La Libye est minée par des conflits fratricides depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Et les tentatives de médiation notamment celles entreprises par l’ONU ont échoué.