Les Algériens ont de nouveau manifesté vendredi lors de marches du mouvement populaire du Hirak, pour réclamer la fin de
« l’injustice et (de) l’oppression ». Et ce, au moment où le régime intensifie sa répression à l’approche d’élections législatives.

Plusieurs milliers de personnes ont participé à la marche hebdomadaire à Alger à partir des quartiers populaires de Belouizdad (ex-Belcourt) et Bab El Oued, fiefs de la contestation, ainsi que de la grande artère Didouche Mourad, selon l’AFP.

Soixante-six détenus d’opinion, poursuivis en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, sont actuellement incarcérés dans le pays, selon le site spécialisé Algerian Detainees. Les hirakistes ont défilé sans incident au milieu d’un important déploiement des forces de l’ordre dans le centre de la capitale et devant les bâtiments officiels.

Les marches du Hirak, qui ont repris fin février après un an de suspension à cause de la crise sanitaire, se déroulent dans un climat de répression accrue alors que le pouvoir veut imposer sa « feuille de route » électorale –via des législatives anticipées le 12 juin– sans tenir compte des revendications de la rue. « Y a pas d’élections », ont lancé les manifestants vendredi.

Des arrestations en masse

De leur côté, les autorités continuent de cibler opposants politiques, militants, journalistes et internautes, multipliant poursuites judiciaires et condamnations. Un journaliste du quotidien francophone Liberté, Rabah Karèche, a été placé cette semaine en détention provisoire et un lanceur d’alerte, Noureddine Tounsi, condamné à un an de prison.

Les forces de sécurité ont arrêté mardi huit personnes accusées d'”activités subversives” au sein d’une association culturelle de Bab El Oued financée, selon la Sûreté nationale, par une ambassade étrangère non identifiée.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé jeudi avoir engagé des poursuites judiciaires contre un petit parti d’opposition « non agréé », l’Union pour le changement et le progrès (UCP), qui a décidé de ne pas participer aux élections de juin.

Né en février 2019 du rejet massif d’un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, impotent et reclus, le Hirak réclame un changement radical du « système » politique en place depuis l’indépendance du pays en 1962.